Wealth Planning | 24 avril 2026

Fiscalité belge applicable à l’acquisition d’une résidence secondaire et points d’attention généraux

Le Belge a « une brique dans le ventre ». Cet adage bien connu est confirmé par les données statistiques. Selon les chiffres publiés par la Banque nationale de Belgique, sept Belges sur dix sont propriétaires d’au moins un bien immobilier. Par ailleurs, une proportion croissante de nos compatriotes détient un bien immobilier à l’étranger. Ainsi, selon les données du Service public fédéral Finances, près de 250 000 Belges sont propriétaires d’une habitation située à l’étranger.

Au regard de cette évolution, et à l’approche de la période estivale, il nous paraît opportun d’examiner les principaux points d’attention, tant fiscaux que juridiques, relatifs à l’acquisition, la cession, la donation et la transmission par décès de résidences situées dans des pays de villégiature prisés, tels que la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, les Pays‑Bas ou encore la Suisse.

 

Toute personne qui détient une résidence secondaire à l’étranger doit, en outre, se conformer à un certain nombre d’obligations fiscales en Belgique. Dans ce premier volet, nous nous attachons dès lors à analyser les aspects à prendre en considération dans une optique exclusivement belge.

 

Imposition des revenus locatifs : quel État est compétent ?

 

Une première interrogation récurrente consiste à déterminer dans quel État sont imposés les avantages tirés de l’usage de la résidence de vacances (y compris les revenus locatifs) : s’agit‑il de l’État de situation de l’immeuble ou de l’État de résidence du propriétaire ?

 

En principe, chacun de ces États dispose d’un pouvoir d’imposition.

  • La Belgique, en sa qualité d’État de résidence du contribuable, est habilitée à taxer le revenu mondial de ses résidents, ce qui inclut les revenus provenant de biens immobiliers situés à l’étranger.
  • Corrélativement, l’État dans lequel se trouve l’habitation est compétent pour imposer ces revenus, en raison de la localisation de l’immeuble sur son territoire. Cette situation conduit, en l’absence de mécanisme correcteur, à une double imposition.

 

Afin d’éviter une telle double imposition, les États concluent entre eux des conventions préventives de double imposition. La Belgique est liée par une telle convention avec environ nonante pays. En règle générale, le droit d’imposer les revenus immobiliers est attribué à l’État de situation du bien immeuble. En vertu de ces conventions, la Belgique doit s’abstenir de taxer les revenus provenant de biens immobiliers étrangers et applique, à cette fin, une exonération avec réserve de progressivité (lesdits revenus restent toutefois pris en considération pour la détermination du taux d’imposition progressif dans l’impôt des personnes physiques – voir ci-après).

 

En l’absence de convention préventive de double imposition conclue avec l’État de situation de l’immeuble, la Belgique demeure pleinement compétente pour imposer ces revenus, qui sont alors agrégés à vos autres revenus imposables. Vous êtes, dans ce cas, imposé à la fois à l’étranger et en Belgique sur les mêmes revenus. Il est toutefois possible de solliciter une réduction à concurrence de la moitié de l’impôt afférent à la résidence de vacances étrangère dans l’impôt des personnes physiques belge, pour autant qu’une imposition effective ait été subie à l’étranger.

 

 

Déclaration à l’impôt des personnes physiques (IPP)

 

Faut-il renseigner la seconde résidence étrangère dans la déclaration IPP ?

 

Bien que les revenus immobiliers ne soient, en principe, pas imposés en Belgique, les résidents belges doivent tout de même déclarer les revenus de tous les biens qui leur appartiennent, et ce, quel que soit leur situation géographique.

 

Ces revenus sont, en effet, pris en compte pour la détermination du taux progressif applicable aux autres revenus soumis à l’impôt des personnes physiques en Belgique, ce qui peut conduire à une augmentation de la charge fiscale globale. Ce mécanisme est désigné sous le terme d’« exonération avec réserve de progressivité ».

Déduction des intérêts ordinaires

 

Est-il encore possible de déduire, dans la déclaration IPP, les intérêts afférents à un emprunt destiné à financer un bien immobilier ?

 

Jusqu’à une date récente, les intérêts payés dans le cadre d’un emprunt contracté en vue de l’acquisition d’un bien immobilier pouvaient être déduits des revenus immobiliers imposables dans l’impôt des personnes physiques. Cette possibilité valait également lorsque l’emprunt avait pour objet le financement d’un bien immobilier situé à l’étranger, les intérêts pouvant alors être imputés sur les revenus immobiliers déclarés relatifs à un immeuble sis en Belgique.

 

Ce mécanisme, connu sous l’appellation de « déduction ordinaire des intérêts », n’est toutefois plus admis. Cette mesure concerne déjà l’exercice d’imposition 2026 (revenus 2025).

 

 

Transmission d’une résidence secondaire à l’étranger

 

Cette thémathique fera l’objet d’analyses plus approfondies dans les prochains articles de cette série, avec une approche spécifique par pays.

 

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Note d'acutalisation : ce billet a été rédigé en avril 2026. La législation et la réglementation applicables peuvent avoir évolué depuis sa publication

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