Wealth Planning | 13 mai 2026

Résidences de vacances à l’étranger - Partie 2: en France

La France constitue une destination d’exception, reconnue pour la qualité de ses paysages, la renommée de sa gastronomie et la richesse de son patrimoine culturel. Il n’est dès lors pas surprenant que la France figure parmi les destinations privilégiées des vacanciers belges.

Dans le cadre de notre série d’articles consacrée aux résidences de vacances à l’étranger et publiée sur notre blog, ce deuxième volet est dédié à la France. Nous y apportons un éclairage utile sur les modalités d’acquisition, de vente, de donation et transmission successorale d’une seconde résidence située dans ce beau pays qu’est la France.

Acquisition 

 

Comme en Belgique, des droits d’enregistrement sont dus lors de l’acquisition d’un bien immeuble en France. Le taux applicable à l’achat d’une résidence de vacances s’avère toutefois sensiblement plus favorable en France que le taux général des droits d’enregistrement grevant l’acquisition d’une seconde résidence en Belgique (Flandre : 12 %, Wallonie et Région de Bruxelles‑Capitale : 12,5 %). Il se situe aux alentours de 6,32 %. Le montant perçu est partagé entre le département (en général, 5 %) et la commune (1,20 %) où se situe le bien. Le surplus constitue un « prélèvement pour frais d’assiette » (2,37 % du montant du droit départemental). Des abattements et réductions peuvent s’appliquer.


La vente de terrains à bâtir ou d’un immeuble neuf (qui n’est pas achevé depuis plus de cinq ans) est soumise à la TVA au taux général de 20 %, auquel s’ajoute une taxe de publicité foncière de 0,715 %.Par ailleurs, l’acquéreur est tenu, comme en Belgique, de supporter les frais de notaire (frais d’acte, émoluments et débours).

 

De manière globale, les frais d’acquisition représentent entre 7 et 8 % du prix d’acquisition.

 

Détention

 

Pour de plus amples informations relatives aux modalités de déclaration de votre résidence de vacances située en France dans votre déclaration belge à l’impôt des personnes physiques, nous vous renvoyons à notre précédent article de blog intitulé « Fiscalité belge applicable à l’acquisition d’une résidence secondaire et points d’attention généraux ».

 

Outre les impôts dus en Belgique, vous serez également redevable d’un certain nombre d’impôts en France. 

 

Vente

 

Lors de la vente d’une seconde résidence située en France, une taxe sur la plus-value sera due. 
Le taux de cet impôt sur la plus‑value se situe entre 26,5 et 32,5 % (ventilé entre l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux). Certains abattements et exonérations peuvent s’appliquer.
Ainsi, lorsque vous revendez votre seconde résidence après 22 ans de détention, vous êtes exonéré de l’impôt sur le revenu ; après 30 ans de détention, vous êtes également exonéré des prélèvements sociaux. 
Par ailleurs, certains frais peuvent être déduits de la valeur vénale pour déterminer lemontant de la plus-value imposable. 
 

 

Donation 

 

Lors d’une donation d’un bien immeuble sis en France, des droits de donation sont dus en France. Bien qu’il n’existe pas de convention préventive en matière de droits de donation, la Belgique n’imposera pas cette donation immobilière. Ces droits de donation sont calculés par donateur et par donataire. Les tarifs progressifs applicables entre époux, partenaires de Pacs (équivalent des cohabitants légaux) et en ligne directe (= enfants/petits‑enfants et parents/grands‑parents) varient entre 5 % et 45 %.

 

Il est important de souligner que chaque enfant donataire peut, tous les 15 ans, bénéficier d’un abattement de 100.000 EUR par parent sur la part de la donation non soumise aux droits de donation. Cet abattement est de 80.724 euros entre époux, également renouvelable tous les 15 ans.
 
La plus grande différence avec la Belgique se situe au niveau des donations immobilières avec réserve d’usufruit. La Belgique perçoit des droits de donation sur la valeur en pleine propriété, sans déduction de la valeur de l’usufruit conservé par le donateur. Ce n’est pas le cas en France. En France, la valeur de l’usufruit est déduite : seule la nue‑propriété est taxée au titre des droits de donation. La valeur de celle‑ci est déterminée selon un barème fiscal qui dépend de l’âge de l’usufruitier.
 

 

Succession

 

En tant qu’héritier ou légataire d’un défunt résident belge, vous êtes redevable des droits de succession sur tous les biens mobiliers et immobiliers composant la succession de ce dernier, qu’ils soient situés en Belgique ou à l’étranger. Des droits de succession sont également dus en France pour tous les biens immeubles situés sur son territoire. 
 
La Belgique et la France ont cependant conclu une convention préventive de double imposition en matière de droits de succession pour éviter qu’un même bien soit taxé deux fois. En vertu de cette convention, la France sera compétente pour percevoir des droits de succession sur les immeubles situés sur son territoire. 
 
La convention prévoit ainsi que la Belgique percevra des droits de succession sur l’ensemble de la succession du défunt et que les droits de succession payés en France pourront être imputés sur le montant des droits de succession belges.
 
Il est à noter qu’en droit successoral français, les conjoints mariés et les partenaires de PACS (équivalent des cohabitants légaux) sont totalement exonérés de droits de succession. Les héritiers en ligne directe sont soumis à des droits de succession progressifs aux mêmes taux que les droits de donation (entre 5 % et 45 %). En outre, chaque enfant venant à la succession bénéficie d’un abattement de 100.000 euros ; il sera toutefois tenu compte des éventuelles donations que les héritiers auraient déjà reçues dans les 15 ans précédant le décès si lesdites donations relèvent de la compétence fiscale française.
 
 

Conclusion 

 
Lors de l’achat, de la vente, de la donation ou de la transmission par succession d’une résidence de vacances située en France, un certain nombre de règles civiles et fiscales s’appliquent, qui peuvent différer sensiblement des règles belges. 
 
Il est essentiel d’être bien informé afin de réaliser ces opérations correctement et d’éviter les déconvenues.  
 

 

Attention : Cet article de blog a été rédigé le 13 mai 2026. La législation et la réglementation peuvent, entre‑temps, avoir évolué par rapport au contenu de cette publication.

Investing together